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Au Delà du Podium: Air + Style Beijing

21 décembre 2019

Les Canadiens haussent la barre au plus haut niveau du sport

Pékin et la Chine sont un monde qu'il est presque impossible de bien comprendre avec une perspective nord-américaine. Il est très facile de juger la Chine à travers les vues biaisées de nos médias – il est beaucoup plus simple de la mettre dans une boîte et de l'étiqueter que d'essayer réellement de comprendre ses histoires, sa perspective, sa culture et son échelle. Oui, elle est très différente du Canada, des États-Unis, de l'Australie et de tous les autres territoires relativement nouvellement habités et leurs populations. Pékin a une histoire construite sur la base de milliards d'histoires provenant de plus de trois millénaires de moments et d'expériences. Trois millénaires de changement et de croissance marqués par plus de décès de sa propre population que toutes les autres cultures réunies – toutes dues à des envahisseurs. Les Chinois, y compris les nombreuses dynasties dirigeantes qui ont habité sa capitale, Pékin, ont construit un mur de 21 196 km pour se protéger des envahisseurs du Nord et de l'Ouest. Plus de 2 000 ans à construire des murs, commençant vers 700 av. J.-C. et se terminant au milieu des années 1600, seulement pour se protéger. Aucun des murs ne fonctionna, ils étaient continuellement envahis et massacrés et l'échelle et la longueur du projet raconte une histoire très claire de peur et de danger très réel. Même pendant la Deuxième Guerre mondiale, l'allié souvent oublié du Canada, des États-Unis et de l’Australie fut la Chine, qui perdit 20 millions de personnes aux mains des envahisseurs japonais. Ensemble, le trio occidental ci-dessus perdit moins de 500 000 personnes. Les pertes en vies humaines sont terribles, mais le nombre de victimes est stupéfiant quand on y pense. Surtout quand on pense qu'ils n'ont jamais quitté leur pays!

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela? Notez les tours de refroidissement et la raffinerie d'acier en toile de fond de l’événement Air + Style Big Air...

La Chine est un très grand navire. Il y a une phrase bien connue qui dit : « Les gros navires virent très lentement ». Cependant, la Chine, malgré sa taille et sa population semble tourner très rapidement.

Comment, dites-vous?

Mon premier voyage en Chine a eu lieu il y a seulement 4 ans. La Chine que j'ai vue à l'époque était très différente de celle que j'ai vue lors de ce voyage. La Chine que j'ai vue lors de ce voyage était beaucoup moins polluée qu'à l'époque, beaucoup plus propre, beaucoup plus ouverte aux autres cultures. Elle évolue, rapidement. Les Chinois ont planté plus de 66 milliards d'arbres au cours des dernières décennies. C'est la taille de l'Irlande chaque année. Imaginez cela! À cette vitesse, ils pourraient reboiser complètement toute la masse continentale du Canada en 140 ans. Ils sont les plus grands producteurs d'énergie solaire au monde et ce pourcentage est en hausse. Ils déclassent des centrales électriques au charbon partout au pays pour les remplacer par des énergies renouvelables. Elles ne sont pas toutes remplacées par des énergies renouvelables, mais même celles qui ne sont pas remplacées par des centrales au charbon modernes sont remplacées par des versions de pointe qui produisent des émissions beaucoup plus faibles.

Revenons donc au Air + Style Pékin et à notre homme, Max Parrot, qui monte sur le podium avec, une fois de plus, une victoire épique à sa ceinture. Nous reviendrons sur sa victoire plus loin dans ce monologue de mise en scène. La toile de fond de son épreuve de snowboard épique est le parc de Shougang. Une énorme aciérie centenaire et un ancien méga-pollueur. Pas une centrale nucléaire, comme tant de commentateurs des médias sociaux l'ont prétendu, mais bien pire en termes de réchauffement climatique. Ce vestige de l'histoire de la fabrication industrielle de l'acier de la ville est un projet de plan-cadre primé à l'échelle mondiale qui met en évidence l’objectif à long terme actuel de la Chine d'être un pays vert à faibles émissions. Il convient également de noter que l'aciérie a été déplacée, et non pas simplement fermée, mais comme mentionné ci-dessus concernant la reconstruction des centrales électriques avec des systèmes à faible émission à la pointe de la technologie, la nouvelle version de l'aciérie désaffectée se targue désormais de ne produire aucune émission puisque tous les déchets sont recyclés et que le processus de refroidissement est assuré par un système de dessalement.

Le but de tout ce qui précède est le changement et la perception. La Chine est en train de changer. L’Occident a peur de cela à bien des égards. Peut-être la peur est-elle mieux gérée avec l'émulation? Leur population se mesure en milliards et pourtant ils ont la capacité de donner la priorité à des changements industriels massifs. C’est vrai, leur gouvernement est structuré différemment. Nous voyons cela comme un point négatif. Mais nous devons nous demander : quel est en fait le navire qui tourne le plus lentement?

Retour à Max Parrot, gagnant du Air + Style

Le Big Air installé dans le parc de Shougang, à Pékin, est monumental. Époustouflant. Il a changé pour toujours la compétition Big Air. Il n'y a pas de retour possible. Les événements en ville ont une nouvelle référence et les événements Big Air ont un nouveau standard en termes d'installations et d'opportunité de progression. L'installation olympique est de niveau supérieur!

« Le combo triple 14 / 12 en qualification de Darcy Sharpe pourrait avoir remporté la finale Air + Style de l'an dernier. Dès le début des finales, la compétition est passée à un tout autre niveau. 16, 18, nouveaux combos de prise de planche, quadruples... Le standard de la finale féminine a aussi été beaucoup plus intense que n'importe quelle autre finale dans l’histoire du Big Air.  Le combo fou d'Anna Gasser, avec lequel elle a remporté la médaille d'or olympique en Corée, ne lui aurait pas permis de monter sur le podium à cette épreuve. Cet événement et mise en place a changé à jamais la discipline de Big Air! » Sandy MacDonald – Juge en chef du Air + Style.

Qualifications

Les sessions de qualifications ont été intenses sur le plan technique et il semble que les planchistes aient vraiment apprécié la mise en place. Les conditions plus chaudes et ensoleillées des premières sessions ont rendu la piste de départ légèrement plus lente, de sorte qu'une section un peu « bombardée » a commencé à apparaître à l’atterrissage, mais dès le début de la deuxième session, la neige était dure et l'air était très froid. Une fois que les planchistes ont compris la vitesse et la direction pour dégager les sections plus « bombardées », la barre fut relevée à maintes reprises. Chris Corning, Kalle Jarvilehto, Max Parrot, Sven Thorgren, Matty Cox, Ruki Tobita et Darcy Sharpe furent les vedettes chez les hommes. Chez les femmes, aucune planchiste ne s’est démarquée plus que d’autres; toutes celles qui se sont rendues en finale ont réussi avec brio, avec une petite variation dans l'attribution des points, ce qui prouve à quel point la piste était remplie et combien le jugement a dû être difficile pour déterminer les places. Cela a également prouvé une fois de plus l'importance de la mise en place pour la progression des femmes. Chaque fois que la mise en place est bonne, le niveau de compétition augmente. Tout repose sur la confiance!

Finale masculine 

Au moment des finales, la température avait baissé et la neige était rapide et solide. Quelques-uns des planchistes ont eu des descentes d'entraînement moins que parfaites, ce qui a un peu déstabilisé leurs descentes jugées par rapport à la session de qualification précédente. C'est là que les meilleurs athlètes et favoris de l'épreuve masculine, Max Parrot et Sven Thorgren, ont vraiment commencé à relever la barre de plus en plus haut. Les deux ont exécuté des figures qu'ils n'avaient jamais faites en compétition (ni personne d'autre d'ailleurs) avec de nouvelles variations de prises de planche. Les deux ont exécuté deux 1620 bien notés. Max avec un Cab Trip 16 Indy et un Front Trip 16 Mute et Sven avec un Back 16 Stale et un Front Trip 14 Mute. C’est à la dernière descente que Sven a choisi d'essayer de battre sa meilleure figure de la journée avec la même figure, exécutée avec plus d'envergure. Elle fut certainement meilleure, mais le pari d'exécuter le même tour à deux reprises n'a pas été payant et les juges lui ont enlevé des points pour avoir fait deux fois le même tour, laissant Max terminer par une descente victorieuse avec un Front 360 Japan. La meilleure figure est allée à Chris Corning avec son Back Quad 18 Melon. En dépit d'être un 18, il a réussi à le garder sous contrôle et relativement sans heurts. Sa réaction dans l'aire d'arrivée montre à quel point il était heureux de vivre ce moment-là lors d'un événement aussi important. 

Finale féminine 

Les trois meilleures filles ont fait deux belles descentes chacune. Si Anna Gasser avait atterri son Cab Dub 12 Indy pour accompagner son Back Dub 1080 Melon très bien noté, elle aurait remporté l'événement, mais la médaille est revenue à Miyabi Onitsuka qui a enchaîné un Back Dub 10 Mute et un Front 10 Mute. La Canadienne Laurie Blouin est arrivée troisième sur le podium, remportant également la meilleure figure, un beau Front Dub 10 Mute. Le talent était si élevé, et il était vraiment clair que les femmes allaient continuer à hausser la barre rapidement avec l'équipe actuelle des meilleures filles qui repoussaient leurs limites entre elles, d'une épreuve à l'autre.

Rich H.
#shredthenorth

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